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Il y a 9 années · 5 minutes · Architecture

Les 10 pièges de la SOA : 01 – Ignorer les impacts culturels

De par leur implication dans des projets SOA (Service Oriented Architecture), les consultants de Xebia vivent de belles réussites. Mais ils rencontrent aussi un certain nombre de projets qui peinent ou qui sont en échec.
Afin de partager ces expériences, nos collègues hollandais, Gero Vermaas, Viktor Grgic, Rik de Groot et Vincent Partington déroulent une série de billets présentant les 10 pièges de la mise en œuvre d’une architecture orientée services (SOA). Comme toujours dans ce genre de « classement », cette liste n’est ni exhaustive ni définitive.

Le dixième et dernier de ces pièges concerne les impacts culturels de la mise en place d’une architecture orientés service (SOA).
La mise en place d’une SOA implique une mutation profonde des façons de penser et de travailler. Comme pour les méthodes agiles, il ne suffit pas d’appliquer la culture SOA lors de la définition des architectures IT ou de la réalisation d’une application, mais il faut savoir la propager à l’ensemble des composantes d’une organisation.
Or, il semble que de nombreuses entreprises préfèrent investir dans des « outils SOA » plutôt que dans l’accompagnement des équipes qui vont mettre en œuvre et faire vivre cette SOA.

La culture d’entreprise

La culture d’une entreprise est faite d’expériences (ou de sommes d’expériences), d’attitudes, d’aptitudes, de compromis et surtout des valeurs partagées au sein de ses équipes. Gerard Hendrik Hofstede a identifié cinq dimensions de la culture (au sens large). Trois d’entre elles (à minima) concernent « La culture d’entreprise » :

La tour d’ivoire

Au sein d’une entreprise, l’introduction des architectures orientées services peut passer par différents chemins (Cf. Les 10 pièges de la SOA : 03 – Le manque de compétences). Celle-ci est cependant souvent axée sur la technologie. Cette nouvelle façon de penser est déterminée depuis une tour d’ivoire puis diffusée massivement au sein de l’entreprise. Dans le meilleur des cas, l’arrivée de ce nouveau paradigme s’accompagne de directives de mise en pratique (souvent abstraites). Ces directives sont mal comprises, aussi bien par les gens du métier (les fonctionnels) que par les équipes IT qui ont tendance à les complexifier à l’excès.
Le problème réside ici dans le fait que la vision SOA n’est pas partagée entre les équipes métiers, les équipes IT, la direction et la tour d’ivoire. Même la documentation rigoureuse des directives SOA n’implique pas que l’ensemble des parties en présence partagent les mêmes idées.

Sensibilisation

La sensibilisation (évangélisation) aux concepts des SOA doit être menée auprès de tous les acteurs de la DSI (et même au-delà). Elle doit commencer le plus tôt possible afin que la mutation aboutisse et se face en douceur. Dans le cas contraire, l’adoption de la SOA risque de finir dans une impasse.
Cette sensibilisation commence par la notion même de SOA : Qu’est-ce qu’une SOA ? Dans la plupart des cas, les gens pensent savoir ce qu’est une SOA, mais ont tous une vision différente du sujet. Même les personnes ayant une expérience significative autour des SOA, ont des vues différentes sur ce qu’est une SOA. Il est par conséquent primordial de partager au niveau de l’entreprise une vision commune.

Résistance au changement

Bien que la mise en œuvre d’une architecture orientée service ne doive pas être utilisée pour changer une culture, il est indéniable que son introduction fera changer certains aspects culturels. La résistance à ces changements doit être prise en compte et traitée avec soin. En effet, le succès d’une SOA dépend en grande partie de son acceptation. Il faut donc réduire (éliminer) ces résistances afin de maximiser l’acceptation de la SOA.

Perspectives

Afin d’introduire la SOA avec succès, il faut donc être attentifs aux étapes suivantes :

  • Faire de la vision SOA une vision partagée au niveau de l’entreprise. Seule une vision partagée peut mener à une mise en œuvre réussie. Sans cette première étape, une SOA est vouée à l’échec.
  • Définir une stratégie du changement. Quelle est votre stratégie de passage aux architectures orientées service ? Tient-elle compte des aspects culturels et de la sensibilisation à ces derniers ?
  • Définir clairement les tâches, rôles et responsabilités.

L’application des ces principes va augmenter l’acceptation de la SOA et des changements qu’elle induit.

 

L’aspect culturel est souvent oublié lors de l’introduction d’une SOA. Les gens qui mettent en place une SOA, opèrent souvent un changement de culture sans le savoir, ce qui peut mener sa mise en œuvre dans le mur par manque d’acceptation.

Il faut être prudent avec un grand changement culturel : Start small, Think big!

 


Traduction libre du billet « Top 10 SOA Pitfalls: #1 – Ignoring culture when introducing SOA » publié par Rik de Groot.

 

Une réflexion au sujet de « Les 10 pièges de la SOA : 01 – Ignorer les impacts culturels »

  1. Publié par Christophe Heubès, Il y a 9 années

    La liste est maintenant complète :

    Les pièges liés à l’implémentation :
         – N° 10 – Le syndrome « Not Invented Here »
         – N° 09 – Le Versioning
         – N° 08 – La sécurité

    Les pièges liés à l’architecture et au design :
         – N° 07 – Mauvaise granularité des services
         – N° 06 – La SOA ne résout pas automatiquement la complexité
         – N° 05 – Big Design Up Front (BDUF)
         – N° 04 – Mauvaise utilisation des Modèles de Données Canoniques (pivots)
         – N° 03 – Le manque de compétences

    Les pièges liés à l’organisation :
         – N° 02 – Propriété des composants et Financement au projet
         – N° 01 – Ignorer les impacts culturels

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