Revue de Presse Xebia

Revue de Presse Xebia

La revue de presse de l’actualité Java/J2EE hebdomadaire proposée par Xebia.

Actualité éditeurs / SSII

RIA

SOA

Le coin de la technique

Actualité éditeurs / SSII

Oracle poursuit Google pour violation de brevets

Jeudi dernier, Oracle a lancé une action en justice contre Google pour violation de brevets quant à l’utilisation de Java pour la plateforme Android. L’information a rapidement fait le tour du web et de la twitosphère provoquant à l’encontre d’Oracle son lot de commentaires indignés, notamment dans les communautés Java et libristes (On retiendra le billet peu amène de James Gosling : « The shit finally hits the fan…. »).

Dans sa plainte, Oracle précise que « Android [...] et les appareils qui utilisent Android violent un ou plusieurs brevets parmi les suivants: 6,125,447; 6,192,476; 5,966,702; 7,426,720; RE38,104; 6,910,205; et 6,061,520″. Les brevets en question portent sur l’implémentation de machines virtuelles, l’outillage et les compilateurs.
Google, certainement pour garder les coudées franches, a fait le choix d’implémenter sa machine virtuelle Dalvik sans utiliser OpenJDK (la version GPL2 de Java). Cette implémentation n’est pas pleinement compatible Java et est exécutée sur des terminaux mobiles. Or, lorsque Sun avait « open sourcé une partie de Java » au travers d’OpenJDK, les garanties d’être à l’abri d’attaques pour violation de brevet ne protégeaient que les implémentations pleinement compatibles Java pour desktop et serveur uniquement (pas les implémentations pour terminaux mobiles).
Pour étayer son accusation selon laquelle Google a sciemment violé les brevets relatifs à Java, Oracle avance que Google était, de longue date, au courant des brevets détenus par Sun. Eric Schmidt (CEO de Google) et Urs Hölzle (Senior VP of operations chez Google) ont en effet joué un rôle significatif dans le développement de la technologie Java lorsqu’ils étaient chez Sun.
La réponse de Google à l’attaque d’Oracle (au travers d’un communiqué de presse) est sans surprise : Google estime que la plainte est sans fondement. D’autre part, Google considère qu’avec cette plainte, Oracle n’attaque pas seulement Google, mais aussi la communauté Open Source Java.

A priori, l’objectif d’Oracle n’est pas de « tuer » Android mais de profiter de son succès en imposant à Google de lui reverser une part des revenus de la plateforme. En effet, Java ME est une source non négligeable de revenus pour Sun (Oracle) puisque cette technologie équipe de très nombreux terminaux. Mais le succès fulgurant d’Android sur le marché des smartphones est sur le point de tarir cette source de revenus.
D’autre part, Oracle souhaite sans doute envoyer un message clair quant à sa conception de l’utilisation de la technologie Java là où le silence de Sun vis à vis d’Android pouvait être perçu comme un blanc seing.

Ce genre d’affaire est généralement synonyme de feuilleton judiciaire à rallonge (comme dans le cas emblématique de SCO vs. Linux). Il y a donc peu de chances que le cas Google / Oracle se règle rapidement. La complexité du dossier (notamment en ce qui concerne les tenants et aboutissants techniques) laisse présager de longs débats. Même si l’issu d’un procès reste incertaine Google était certainement préparé à une telle attaque (et est de taille à y faire face) et sa défense sera bien préparée.
Tant que l’affaire ne sera pas réglée, l’ensemble de l’écosystème Android (constructeurs, développeurs, utilisateurs, …) va retenir son souffle, mais l’engouement pour la plateforme Android ne devrait pas trop en pâtir. D’une part, Google continuera de développer la technologie Android. D’autre part, gageons que Google prendra ses responsabilités sur le sujet de la propriété intellectuelle et jouera son rôle de pare feux vis à vis des constructeurs équipant leurs terminaux de l’OS Android.

La fin d’Android est très peu probable. Oracle n’y a aucun intérêt et ce pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’Oracle a tout intérêt à ce que Java soit présent sur le marché des smartphones. Or cette présence passe par Android, pas par Java ME et Oracle n’a, aujourd’hui, ni la volonté, ni la capacité d’innover dans ce sens. Ensuite parce que l’essor des smartphones sous Android favorise le développement d’applications utilisant des backend (serveurs) mettant en œuvre des serveurs d’applications Java et des bases de données, augmentant ainsi la taille d’un marché sur lequel Oracle se taille la part du lion. Enfin parce qu’Android réunit une large communauté Java.
Il semble donc que cette affaire ne puisse avoir que deux issues :

  • Google sera contraint à verser une partie des revenus d’Android à Oracle. Soit parce qu’Oracle aura gagné un procès, soit parce que Google aura préféré négocier un accord à l’amiable.
  • Ce sera le status quo. Soit parce qu’Oracle aura perdu un procès, soit parce qu’Oracle retirera sa plainte suite aux négociations qui vont s’entamer (au cours desquels Google pourrait commencer à utiliser ses brevets comme arme de dissuasion).

Ce qui est sûr, c’est que l’image de Java ne sortira pas grandie de l’initiative d’Oracle (qui semble d’ores et déjà avoir perdu la bataille de l’image).

Pour ceux qui souhaitent approfondir le sujet, l’excellent billet de Charles Nutter « My Thoughts on Oracle v Google » fait longuement le tour de la question et propose des perspectives très intéressantes.

RIA

Bean Validation pour Flex.

Le framework GraniteDS continue à offrir des fonctionnalités riches pour Flex, en parallèle des offres de Adobe, BlazeDs (open source) et LifeCycle ES (commercial).
La version 2.2 (actuellement en bêta publique) ne faillit pas à la règle et amène une rafraichissante innovation : l’implémentation de la JSR 303 (BeanValidation) pour Flex. Toutes les contraintes standard de la JSR sont implémentées via des annotations AS3 et le générateur de code maison (GAS3) permet la conversions des annotations des beans Java.
La validation s’appuie sur une nouvelle fonctionnalité de réflexion.
Autre avancées, peut être moins spectaculaire, la prise en compte des types ‘big numbers’ de Java dans les sérialisations offertes par le framework.
GraniteDs, dont certains avait décrété la mort à la publication de BlazeDs, est toujours bien vivant et comble, en open source, certains manques laissés par Adobe.

Annonce de jQuery Mobile

C’est une nouvelle qui va à coup sûr faire du bruit dans un monde du développement mobile déjà bouillonnant, puisque vient d’être annoncée la sortie pour la fin d’année de la version mobile du framework jQuery. Et ce n’est pas par la petite porte que le célèbre framework web souhaite faire son entrée, puisque contrairement à ses concurrents déclarés, tels que jQTouch ou bien Sensha Touch, jQuery Mobile se veut être un framework JavaScript ciblant la quasi totalité des plateformes mobiles web actuelles (Blackberry, Windows Mobile, iOS pour l’iPhone et l’iPad, Android, Symbian, Bada, …), et permettant de développer des interfaces riches capables de faire rougir bon nombre d’interfaces graphiques natives.

Avec l’avènement d’HTML5 (WebStorage, WebSockets, Vidéo, Géolocalisation, …), du CSS3, et des navigateurs mobiles dernière génération proposant des moteurs JavaScripts performants, la guerre du web semble se trouver un nouveau terrain de bataille, et le web mobile aura sous peu toutes les armes nécessaires pour déstabiliser le business modèle à peine naissant des Markets, tel que l’iTunes App Store ou bien l’Android Market. Le marché des applications mobiles semble donc suivre la voie de son grand frère, celui des applications PC, et proposera à terme de nombreuses applications riches directement par le web.

L’annonce parue sur le site de jQuery Mobile indique que l’un des objectifs du framework est de pouvoir développer une application unique pour toutes les plateformes mobiles. Ce concept, ne semble pas nouveau puisque l’objectif de J2ME sorti il y a 10 ans déjà était bien de développer une solution unique, rappelez-vous: « Write Once, Run everywhere ». Le slogan semble être ici: « Write Less, Do More », mais l’objectif de fond est bien le même.

Palm avec sa plateforme WebOS et Firefox sont déjà sponsors du projet. Bien qu’encore en développement intense, la première sortie est prévue pour fin 2010. Ce framework pourrait bien être une des grandes surprises mobile de 2010 et devenir très rapidement un incontournable pour le développement web d’applications riches pour mobile.

Pour en apprendre plus sur cette déclinaison de jQuery, vous pouvez suivre les liens suivants et apprécier les designs présentés :

SOA

La NASA ouvre les sources de son cloud privé

La NASA a récemment annoncé son intention d’offrir le code de son cloud privé Nebula au projet OpenStack en partenariat avec Rackspace. Il s’agit d’une implémentation d’une IaaS orientée vers le calcul scientifique et le stockage de données. Par ailleurs OpenStack est un projet actuellement supporté par plus de 25 firmes, dont Dell et Intel. Il offre une pile logicielle ouverte permettant de créer et exploiter un cloud privé sur la base d’infrastructures matérielles standards. Il est disponible sous la licence Apache 2.0. D’après la présentation du projet, la création d’un nouveau Framework ouvert pour le cloud est motivée par deux raisons principales :

  • Le paysage du cloud est actuellement composé d’offres propriétaires, incompatibles entre elles et manquant de transparence, freinant ainsi l’expansion de cette nouvelle industrie. La création d’un framework Open Source permettrait donc une adoption plus massive.
  • La plupart des autres projets Open Source existant ne pouvaient satisfaire les énormes besoins de scalabilité exprimés par Rackspace. Seule Nebula, semblait correspondre au besoin.

Pour l’instant le projet est disponible en « Developer preview ». Une première release sera disponible respectivement mi-septembre pour « OS Compute » et mi-octobre pour « OS Storage ».

Le coin de la technique

Continuous Delivery, le livre le plus important de 2010 ?

Continuous Delivery, le livre de Jez Humble et David Farley, est disponible en version finale, en édition papier ou électronique (chez vos revendeurs habituels). Il traite d’un sujet qui tient à cœur de plus en plus d’acteurs de l’écosystème JEE : comment améliorer et dédramatiser les processus de build, de livraison et de déploiement d’un produit. Ce livre recueille déjà de nombreux lauriers. Dont ceux de Martin Fowler (directeur de la collection, donc forcément un peu partial), qui en fait le livre technique le plus important de 2010.

De ce que nous avons pu en lire (par exemple, en RoughCuts ici), ces louanges sont justifiées : ce livre traite de tous les problèmes qui devraient animer n’importe quel consultant au démarrage d’un projet. Collaborer entre équipes, développer de manière incrémentale, tester, automatiser, déployer, tout cela dans un seul but, maximiser la qualité du produit délivré.

Ce livre donnera lieu a un grand nombre de présentations en conférence, qui, si ce n’est déjà fait, devrait vous donner envie d’en faire votre livre de chevet avant la rentrée littéraire.

Pour en savoir plus, consultez le blog Continuous Delivery

Laisser un commentaire