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Il y a 7 années -

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Retour de la journée Agile Innovation

Depuis quelques temps j’attendais l’arrivée de cette journée avec impatience. Intrigué par le nom et le pitch, je me demandais ce que j’allais y trouver, c’est-à-dire ce que les autres allaient apporter. Même si je ne doutais pas de l’intérêt de faire le déplacement, je suis toujours un peu prudent sur le simple fait que rassembler une brochette d’experts agiles dans un endroit pendant une journée va forcément ressortir sur du positif.

 
 
 

Agile Innovation était une journée entièrement dédiée aux échanges open-space et qui faisait suite à la conférence Agile Grenoble la veille, avec un programme plus classique. L’ambition des organisateurs étaient d’offrir un espace d’échange permettant aux praticiens aguerris d’aller au delà d’un programme de présentation qui, comme il se veut accessible à tous, peu sembler parfois un peu simple pour les agilistes expérimentés.
Alexandre Boutin était notre maître de cérémonie pour la journée. Armé de sa cloche de montagne, dont nous allions entendre le son rythmer cette journée, il nous a rassemblé après un petit déjeuner pour l’ouverture de cet open-space. Les règles d’un open space sont simples et l’objectif de cette ouverture est d’établir l’agenda de la journée.

La construction de l’agenda s’est faite sur le même principe que les open-space de la conférence ALE2011: chacun présente une proposition de sujet au groupe et la colle directement sur un créneau disponible, premier arrivé, premier servi. Je trouve cette technique assez efficace car il n’y a pas, comme j’ai pu le voir à des conférences comme CITCON par exemple, de votes pour faire émerger les sujets les plus populaires puis une construction collaborative de l’agenda. Cela évite de perdre un temps précieux pour arriver à un consensus qui généralement ne satisfait pas vraiment, autant partir tout de suite avec l’idée qu’il faudra faire des choix douloureux et ne pas s’embêter à une planification collaborative. La seule contrainte que je vois pour que cela fonctionne est d’avoir suffisamment de créneaux disponibles, dans le temps et l’espace, pour atteindre un écart suffisamment grand entre le nombre de propositions planifiées et le nombre de propositions abandonnées. A ce titre, Alexandre nous a fait une belle démonstration d’agilité en réduisant à la volée la durée des créneaux de 20 mn et en augmentant le nombre d’espaces de discussion pour maximiser les propositions. Bien joué.
3 sujets m’intéressaient fortement pour le premier créneau: Transformation Agile, advanced Story Mapping, et coaching agile. Je n’avais aucune envie d’en rater un et j’ai donc décidé de ne pas choisir! A force de pratiquer les open space, j’ai fortement développé mon application de la loi des 2 pieds ce qui permet d’une part de suivre plusieurs sessions en parallèle, mais aussi de ne pas regretter une session si elle se révélait être sans intérêt pour moi (dans ce cas je repars dans la première le coeur léger). Ca marche particulièrement bien si les facilitateurs des sessions font un bon travail de synthèse au fil de l’eau: lorsqu’on arrive dans l’espace de discussion on peut saisir rapidement ce qui s’est dit tout en écoutant la discussion en cours. Ensuite, il suffit à la fin du créneau de retourner voir la synthèse finale de chaque discussion pour lire les éléments manqués. Avec un peu d’exercice ça marche bien.

La session transformation Agile était animée par Petra Skappa et Greg Hutchings. Ils ont présenté différentes approches imagées de transformation (dont on sentait que certaines n’étaient pas conseillées): La goutte d’eau agile dans l’océan, les pousses agiles, le responsable agile et ses ambassadeurs distribués, le focus tournant (bottom up, top down, inside out, lateral).

La session stroy map était animée par Mac Adams. Il a présenté différentes approches de la technique et les participants ont partagé leur technique et les bénéfices.

 

La session Coaching Agile facilitée par Jean-François Jagodzinski, attrapée en toute fin, a généré beaucoup d’information. Elle était particulièrement intéressante dans la mesure où l’objectif était de prendre le point du vue des coachés et pas celui du coach. C’était un peu l’arroseur arrosé, là où le coach agit souvent comme un miroir de l’équipe, ce sont ici les coachés qui renvoyaient au coach leur image. C’était très instructif dans l’optique d’améliorer son action de coach agile. La discussion a même largement débordé sur le créneau suivant. Je m’en suis extrait avec difficulté pour rejoindre la session d’Alexandre Boutin sur les jeux sans matériel, une session qui a eu beaucoup de succès. J’ai particulièrement aimé le jeu des triangles (ou des systèmes complexes) plein d’enseignements sur l’auto-organisation.

Sur le troisième créneau j’animais une session sur le sujet « Agile Distribué ». Mon objectif était de rassembler les retours d’expériences et les opinions des praticiens ayant évolués dans des contextes distribués. Deux principales organisations se dégagent: des équipes pluri-disciplinaires co-localisées par site mais qui travaillent sur un même backlog, et une équipe pluridisciplinaire distribuée sur plusieurs sites. Au fil des discussions, la session a pris une tournure plutôt étonnante, là où nous voyons souvent le deuxième modèle comme une contrainte qui nous est imposée et qu’il faut éviter, quelques participants ont proposé que le modèle distribué est peut-être une cible en soi car elle porte des contraintes vertueuses: elle force la discipline individuelle, elle met en évidence des dysfonctionnements qui passent inaperçus en mode co-localisé, et elle apporte une richesse culturelle bien supérieure qui favorise la qualité du produit.

 

L’après-midi démarrait pour moi par une session sur la contractualisation agile. L’occasion de mentionner le contrat agile que Xebia a sorti en license Creative Commons et d’en expliquer les principes. Jean-François Jagodzinski a également beaucoup partagé ses expériences et l’état de ses réflexions. J’ai aimé sa métaphore du bio: quand on achète un poulet bio, on achète aussi le processus de fabrication du poulet, pas seulement le poulet. C’est un peu pareil pour le contrat Agile, l’idée est d’acheter un processus de fabrication et pas seulement le produit final.

J’ai continué l’après-midi avec un session facilitée par Jacques Couvreur, dont le but était de rassembler tous les ingrédients pour faire LA conférence agile en 2012, celle que les gens s’arracheront. Son critère de succès: les inscriptions sont complètes en 5 minutes même si le site de réservation ouvre à 6h du matin.

Enfin pour conclure avec les sessions de la journée, j’ai participé à une discussion sur Extreme Programming et BI, facilitée par Cedric Bourgeois. Avec les quelques participants présents, nous en sommes arrivés à la conclusion qu’en l’état le BI ne se prête pas bien à des pratiques comme le TDD, c’était prévisible. C’est avant tout une question d’intégration. Il reste néanmoins possible de faire des tests d’intégration automatisés et de les exécuter le plus souvent possible, plutôt que d’attendre la fin du cycle de fabrication de rapports BI.

La journée s’est terminée par un tour de salle où chacun a pu exprimer ce qu’il retenait de le journée. Les retours ont été dithyrambiques, Alexandre en a fait une synthèse sur son blog.

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Publié par Gilles Mantel

J'ai 13 ans d’expérience professionelle. Je suis impliqué sur des projets itératifs et offshore depuis 2001 et j'y ai occupé tour à tour les postes d'ingénieur qualité, responsable des tests, analyste fonctionnel, et directeur de projet. Je forme et j'accompagne les clients de Xebia dans l’adoption de méthodes agiles (SCRUM, XP) et de pratiques d’ingénierie pilotées par les tests (TDR, ATDD). J'ai développé mon expertise au travers d’interventions dans des domaines métiers aussi variés que l’industrie, l’e-commerce, l’édition logiciel, le luxe, le public, les télécoms, ou les banques d’investissement. J'intervient régulièrement dans les conférences traitant de l'agilité et des tests depuis 2008.

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