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Scrum Master Academy – La résolution des obstacles

Chers Scrum Masters,

Vous n’avez peut-être pas réalisé que Scrum met en lumière les problèmes très rapidement. Ou peut-être vous l’avait-on dit, mais vous n’y croyiez pas. Maintenant que vous êtes dans le vif du sujet, vous voyez soudain apparaître des tas de petits, mais surtout des gros tracas. Et tous les jours il y en a de nouveaux : les membres de l’équipe doivent exposer ce qui les ralentit à chaque Daily Scrum. Et ils ne se privent pas de le dire ! Le Français est râleur, alors si en plus on lui demande explicitement d’extérioriser ce qui l’embête, il s’exprime ! À peine avez-vous adressé un problème que trois nouveaux apparaissent. 

Gardez votre calme et attachez votre ceinture, les règles de ce billet devraient vous aider à y voir plus clair.

Règle n°14: Ne te laisse pas enterrer sous les problèmes

Cette règle m’est inspirée par le livre J’Arrête De Râler dans lequel on trouve cette petite fable : Un paysan possède un puits à sec qu’il veut reboucher. Un jour son âne tombe dans le puits, le paysan se dit que son âne est vieux et que le sortir du puits va lui coûter cher, il décide de reboucher le puits avec l’âne dedans. L’âne râle pour sortir, mais le paysan commence à jeter de la terre dans le puits. Au bout de 5 mn il n’entend plus l’âne se plaindre. Intrigué, il regarde dans le puits et découvre avec stupeur le comportement de l’âne : à chaque pelletée de terre, l’âne se secoue pour faire tomber la terre de son dos, puis il grimpe dessus. Petit à petit l’âne sortira du puits. Il est courant de penser que les problèmes qui nous ralentissent sont insolubles ou hors de notre contrôle. Gardez la tête froide et priorisez votre liste d’obstacles, cela ne sert à rien de vous éparpiller et d’essayer de tout résoudre. Vous pouvez par exemple utiliser la matrice de Merill-Covey pour classer vos obstacles selon l’importance et l’urgence, et garder votre attention sur un sous-ensemble. Avancez par petits pas, et n’hésitez pas à demander de l’aide. Il peut-être intéressant de conserver un affichage des obstacles résolus dans un "cimetière d’obstacles", cela vous donnera un sentiment d’accomplissement.

Cherchez aussi à identifier les obstacles "poupées russes", ceux qui partagent la même cause dont la résolution supprimera plusieurs obstacles d’un seul coup.

Règle n°20. Il n’y a pas de "Eux", il y a "Nous"

Les réponses aux problèmes que l’on rencontre sont souvent plus claires lorsque nous reformulons nos griefs en utilisant "Nous" à la place de "Ils" ou "Eux". Par exemple : "il ne sait pas donner de réponse à notre question" essayez "Nous ne savons pas donner de réponse à notre question", la signification est tout autre et vous comprenez que ce n’est pas un individu qui est en cause, mais une situation. Deuxième exemple : "Il n’a pas fait son travail" essayez "Nous n’avons pas fait notre travail" ici aussi la reformulation suggère que vous avez peut être manqué de proximité avec ce fameux "il" qui vous pourrit la vie. Nous sommes acteurs à part entière du système social que représente l’organisation d’un projet ou d’une équipe produit. Nous avons donc une influence, aussi petite soit elle sur ce système. Lorsque nous formulons nos griefs vis-a-vis des "Ils" ou des "Eux", assurons-nous d’avoir joué le jeu de la collaboration et de comprendre leur situation. Quand bien même la collaboration est rompue, avons-nous escaladé correctement le problème en le présentant de manière factuelle aux parties prenantes ? Souvenez-vous également que le Product Owner fait partie intégrante de l’équipe Scrum, ce ne doit pas être un "il".

Règle n°22. Know your enemy

Il y aura toujours des opposants à Scrum et à l’agilité, quand bien même vous avez le support de votre management et bien sûr de votre Product Owner. La relative tranquillité dont l’équipe dispose pour mener ses sprints en autogestion peut cacher des opposants qui vous attendent au tournant. Cherchez activement à identifier vos ennemis et à connaître leurs attentes et leur façon de penser. Ce faisant, prenez les devants sur la communication à effectuer auprès d’eux (cf règle 16) avec un vocabulaire qui correspond à leur champ lexical. N’oubliez pas que vos meilleurs ennemis vous en apprendront peut-être plus sur la réalité d’une situation, ou sur vos faiblesses et votre marge d’amélioration que les observations que vous et votre équipe pouvez faire.

Règle n°26. Ne rien considérer comme allant de soi

Pour réussir, il faut savoir dépasser le cadre qui nous est fixé ou que l’on s’est fixé. Cette règle nous rappelle l’histoire des singes mouillés que l’on retrouve dans L’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu de Bernard Werber. Lorsque vous êtes bloqué, explorez toutes les possibilités, même celles qui ne sont pas envisageables parce que "c’est comme ça". Le fait d’explorer ces pistes va d’abord vous permettre de réévaluer les solutions envisageables avec un autre oeil, vous découvrirez peut-être aussi que vous vous êtes autocensuré sur certaines solutions. Apprenez à changer les règles du jeu pour gagner en efficacité.

Règle n°27. Il vaut mieux demander pardon qu’obtenir la permission

Cette règle fait également partie des règles de Gibbs dont je vous parlais dans l’article d’introduction des règles. Mais son origine nous vient d’une informaticienne américaine Grace Hopper sous la forme suivante: "Si c’est une bonne idée, allez-y et faites-la. Il sera plus facile de s’excuser que d’obtenir la permission" (Merci François pour la référence, je regarde trop la télé et pas assez les livres). Parce que les sprints sont courts et que l’on peut rapidement se retrouver bloqué par de nombreuses questions ou autorisations en attentes de réponses, prenez les devants pour éviter de perdre du temps. L’attentisme est une source d’échec sur les projets agiles, prenez l’initiative. En revanche, conférez-vous à la règle 35 pour les limites d’application de cette règle.

Règle n°28. Ne croyez jamais ce qu’on vous dit, toujours vérifier

Cette règle s’applique en toute circonstance et permet de dépassionner les débats. Assurez-vous de passer du monde des opinions au monde des faits. C’est particulièrement vrai pour le travail de rétrospective, mais n’importe quelle discussion est sujette à cette règle. 

Règle n°35. Un Scrum Master sur le carreau est inutile

Corollaire de la règle n°27, votre pro-activité à gérer les obstacles ne doit pas vous conduire à votre mort professionnelle. Agissez dans les limites de ce que vous autorise la loi, la bienséance, le respect des individus, et les politiques internes de sécurité. Exploitez en revanche les zones de flous à l’avantage de l’équipe.

Prochainement

  • Règle n°12 : On travaille toujours en équipe
  • Règle n°19 : No broken window
  • Règle n°21 : Évalue régulièrement où l’équipe en est de sa maîtrise de l’agile
  • Règle n°24 : Veille à la pluralité des compétences de l’équipe
  • Règle n°16 : La transparence c’est toi qui la portes
  • Règle n°25 : Toujours avoir des post-its sur soi

 

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Publié par Gilles Mantel

J'ai 13 ans d’expérience professionelle. Je suis impliqué sur des projets itératifs et offshore depuis 2001 et j'y ai occupé tour à tour les postes d'ingénieur qualité, responsable des tests, analyste fonctionnel, et directeur de projet. Je forme et j'accompagne les clients de Xebia dans l’adoption de méthodes agiles (SCRUM, XP) et de pratiques d’ingénierie pilotées par les tests (TDR, ATDD). J'ai développé mon expertise au travers d’interventions dans des domaines métiers aussi variés que l’industrie, l’e-commerce, l’édition logiciel, le luxe, le public, les télécoms, ou les banques d’investissement. J'intervient régulièrement dans les conférences traitant de l'agilité et des tests depuis 2008.

Commentaire

1 réponses pour " Scrum Master Academy – La résolution des obstacles "

  1. Publié par , Il y a 7 années

    je ne cesse de le dire en formation et accompagnement
    j’ai une particulière affection pour la 27 et 35

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