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Il y a 4 années -

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Le Beer Game, ou petit retour sur l’impact systémique des approches agiles (Episode 1)

Cela a déjà dû vous arriver : vous prenez un vieux bouquin oublié, vous le lisez, et vous restez surpris à quel point il est d’actualité et parle de choses particulièrement pertinentes et applicables aujourd’hui.

C’est un peu ce qui nous est arrivé récemment, au meetup du FKUG, lorsque nous nous sommes essayés à ce qui est probablement l’un des premiers serious game : le fameux Beer Game.

Le jeu a mis en exergue la composante systémique et organisationnelle des approches agiles, et pourquoi elles permettent de fluidifier le travail des équipes.

Cette série de trois articles est destinée aux managers, directeurs de DSI, coachs et facilitateurs désireux de :

  1. Comprendre comment les organisations – ou systèmes organisationnels – les plus courants rendent impossible la bonne performance des équipes, et rendent difficile le succès des projets.
  2. Comprendre comment l’agilité corrige les défauts du système organisationnel pour créer un environnement dans lequel les équipes sont plus efficaces, et les projets plus aptes à s’adapter aux aléas de leur environnement.
  3. Trouver, dans le cadre d’un effort de changement, un outil permettant à toutes les parties prenantes de projets de faire l’experience par eux-même des effets néfastes d’un système mal organisé, en vue de le changer.


beergame
Cette série est organisée en trois articles :

  • Le présent article fait quelques rappels sur les origines du Beer Game, sur l’approche systémique, puis décris le jeu.
  • Le second article décrypte ce qui se passe durant le jeu, et explique les dynamiques limitantes que ce dernier rend visible.
  • Le troisième article explique en quoi les approches agiles enlèvent les composantes bloquantes des systèmes organisationnels, améliorant ainsi leur efficacité et leur performance.

Petits rappels

Origines du beer game

Le Beer Game a été développé au début des années 60 au MIT (Massachusetts Institute of Technology) par le Sloan’s System Dynamics Group, dans le cadre des recherches de Jay Forrester en dynamiques industrielles. A l’époque, c’était un des « simulateurs » utilisés par l’école de management Sloan (Sloan School of Management) dont le but était de créer des environnements d’apprentissage motivants, reproduisant, dans un espace et un temps réduit, des situations et dynamiques organisationnelles réelles. Le jeu permettait alors aux participants d’éprouver rapidement les conséquences à long-terme de leurs actions, d’en vivre l’expérience et d’en tirer des leçons aussi bien organisationnelles que cognitives.

beergame
Source : http://web.mit.edu/jsterman/www/SDG/beergame.html

L’approche systémique

Ce « simulateur » permet de comprendre l’utilité de l’approche systémique. Cette approche est une méthodologie relative à l’étude scientifique d’objets dans leur complexité par opposition à leur simple étude rationnelle qui ne prendrait pas en compte, par exemple, les dynamiques humaines qui elles, ne sont souvent pas rationnelles. Aussi, elle permet de mieux appréhender et de mieux piloter des systèmes complexes, c’est-à-dire des systèmes non-linéaires et imprévisibles… comme les organisations.

Le but est de comprendre les dynamiques d’un système complexe dans son ensemble, afin d’adapter sa réponse aux changements qui émergent de manière peu prévisibles, et ce au moment où ils émergent. C’est un peu comme mener une danse dans laquelle on connait les pas de base, mais dans laquelle on ne sait trop quels prochains pas seront utilisés, ni lesquelles de leurs variantes.

On peut compter parmi les penseurs systémiques, Edgar Morin ou encore Peter Senge, pour ne citer qu’eux.

Description du jeu

Contexte

Le jeu représente toute la chaine logistique amenant à la vente de bière, de sa fabrication en usine à sa vente au particulier en magasin. Un plateau de jeu est constitué de quatre sections, chacune tenue par une sous-équipe :

  • L’usine de fabrication
  • Le distributeur
  • Le grossiste
  • Le détaillant

Le détaillant vend de la bière au consommateur. Il en commande au grossiste, qui à son tour en commande au distributeur, qui à son tour en commande à l’usine, qui à son tour en fabrique.

Chaque section a son propre stock à gérer. Cela permet de répondre à la demande en aval sans attendre les livraisons en amont.

But

Le but de toute l’équipe est que le coût global de toute la chaine d’approvisionnement soit le plus bas possible, sachant que chaque sous-équipe n’a que la maitrise de sa section.

Ce coût global est calculé de la manière suivante :

  • A chaque tour, s’ajoutent aux coûts des tours précédents les coûts de stockage (50 centimes par caisse de bière) et les coûts d’arriérés, c’est à dire des commandes en souffrance (1 euro par caisse).

Règles

Les règles suivantes sont observées :

  • Toute commande souffre d’un délai de deux tours de jeu (le temps que la poste face son office et que la demande soit traitée).
  • Toute livraison souffre d’un délai de trois tours de jeu (le temps de préparer et d’acheminer la marchandise).
  • Il n’y a aucune autre communication entre les différentes sections que l’émission de bons de commandes et la réception de livraisons.
    (Note pour les animateurs : cette dernière règle est souvent difficile à faire respecter par les participants ; il est utile de mettre en valeur auprès d’eux le fait que celle-ci augmente grandement la qualité de l’expérience qu’ils en tireront lorsqu’elle est respectée. )

La suite…

Que se passe-t-il durant le jeu, et que met-il en lumière ? C’est le sujet de notre second article.

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