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Retour sur l’agile tour Paris 2018

 

 

 

En cette fin d’année 2018, l’agile tour Paris revient pour une 11ème édition dans les locaux de Microsoft à Issy-les-Moulineaux. Retour sur les conférences et ateliers auxquels j’ai pu assister.

 

 

« The Purpose of Agile » par Léo DAVESNE

L’auteur du Podcast Agile nous propose une réflexion sur les raisons d’être de l’agilité. Et si nous adoptions les valeurs dans notre quotidien ? Le discours de Léo est plaisant à suivre et il nous emmène agréablement dans sa réflexion. La conférence est illustrée par des références habilement amenées. Plus qu’une méthode ou une mode, Léo nous rappelle que l’agilité est avant tout une philosophie et qu’elle peut être transposée en dehors des entreprises.

Je pense que la réflexion est intéressante, plus que la méthode, ce sont les valeurs véhiculées par l’agilité qui peuvent servir notre quotidien.

« Delegation Board for product owners and agile teams » par Rafik MEKKI

Le Delegation Board est un outil proposé par Jurgen Appelo dans son livre Management 3.0. Rafik MEKKI nous en propose un atelier. Après une rapide introduction nous partons pour un jeu de rôle où les équipes sont composées d’un PO et des membres (développeurs, testeurs). Ensuite, elles déterminent les thèmes de discussion, chaque sujet est soumis à l’échelle de délégation. La délégation de la prise de décision peut être déclinée sur sept niveaux :

  • Niveau 1 si le PO impose fortement les directives
  • Niveau 4 si on obtient un consensus entre PO et l’équipe,
  • Niveau 7 si l’équipe possède la responsabilité des décisions

Je trouve cet exercice facilement transposable en situation réelle et il permet de poser une base de discussion. Le résultat donne une visualisation claire de la façon dont les décisions sont prises au sein de l’équipe. Un atelier sympathique, mais à cause du public trop nombreux, je n’ai été qu’observateur.

« Développeur à Scrum Master, une transition évidente ? » par Caroline AUPERT

Bravo à Caroline d’avoir eu le courage d’exposer son expérience sur le passage d’un développeur vers le Scrum Master. Avec beaucoup de sincérité, elle retrace son parcours et les difficultés qu’elle a rencontrées. Un bon développeur ne fait pas forcément un bon Scrum Master.

Pour l’avoir vécu moi-même, la transition paraît souvent évidente mais elle n’est pas toujours aisée. Les 2 postes demandent des qualifications différentes et comme tout changement de poste, un accompagnement est indispensable.

« Le Scrum est une fenêtre (ou bien un mur) » par Baptiste LECOCQ

En tant que développeur, Baptiste a vécu la transformation de ses méthodes de travail avec l’arrivée de Scrum dans son quotidien. Il manie le second degré avec brio et son discours est plaisant à suivre. Cependant, attention aux raccourcis trop rapides ; il faut comprendre que Scrum n’est pas une solution et que mal appliqué, les équipes peuvent en faire un rejet définitif. Baptiste et son équipe ont trouvé leur équilibre en adaptant leur cadre de travail pour correspondre à leur besoin.

Pour moi, Scrum propose un cadre propice à l’émergence des valeurs de l’agilité mais mal accompagnées, les équipes peuvent ne pas adhérer. Il faut expliquer les raisons qui nous pousse vers le passage à l’agilité et ne pas appliquer bêtement le Scrum guide pour éviter la mauvaise expérience de cette équipe.

« Une team qui gère son code et sa production » par Sylvain MAUCOURT

L’équipe d’Edelia nous fait un retour d’expérience de leur transformation agile, commencée il y a 2 ans. Au fil des difficultés, ils se sont adaptés par des petites actions qui privilégient la prise de responsabilité des membres (suivi des incidents à tour de rôle, casquette de Scrum master délégué). Ainsi, l’équipe est autonome pour développer et maintenir leur produit. Aujourd’hui, ils sont même capables de remettre en cause certaines cérémonies qui ne leur sont plus utiles :

  • Le daily meeting car les membres abordent les problèmes en dehors de ce point
  • La retrospective où les idées ne sont pas constructives (même s’ils ne s’interdisent pas d’en faire de temps en temps)

Parfois, il suffit de peu pour s’améliorer, je pense que le point important dans ce REX est que le management a décidé de donner la responsabilité du produit à l’équipe ce qui lui permet de faire des choix et de les assumer. Par contre, la suppression des cérémonies me semble trop risquée, surtout pour la rétro qui est un moment pour s’améliorer mais aussi pour s’exprimer dans un lieu de confiance. Elle permet de dégonfler certaines tensions à mon sens.

« Scrum à l’échelle et Transformation Agile chez Enedis » par Philippe PUSHMANN

Enedis, distributeur d’électricité, nous propose une description de leur mise en place de l’agilité à grande échelle depuis 2013. Un parcours émaillé de difficultés qui nous rappelle que même si l’agilité est un ensemble de bon sens, il est pas toujours évident de trouver l’adhésion au sein d’une entreprise. Dans leur cas, les frameworks comme SaFe ou Nexus ont apporté l’assurance qu’ils recherchaient.

Certainement la conférence pour laquelle j’ai eu le moins d’intérêt, transformer une centaine de personnes en même temps reste une utopie.

« Booster vos Backlog Grooming / Refinement avec l’Exemple Mapping » par Jean-Pierre LAMBERT

Jean-Pierre Lambert nous propose un atelier d’Exemple Mapping qui permet de trouver une compréhension commune entre le PO et l’équipe. Dans cet exercice, le PO explique son besoin et ses contraintes sous forme de règles, ensuite l’équipe assure sa compréhension en posant les exemples les plus pertinents et les questions qui doivent être résolues. Ils peuvent être utilisés comme tests d’acceptation pour valider les User Stories.

 

Une fois de plus, à cause du trop grand nombre de participants, une certaine confusion était perceptible.

Mon avis sur l’atelier est certainement biaisé par les conditions, bien que je pense l’exercice intéressant, il me semble trop chronophage pour être appliqué sur toutes les US. De plus, pour des cas simples, on retrouve souvent une règle = un exemple ce qui en limite l’intérêt.

 

Malheureusement, il est impossible de suivre toutes les conférences et j’ai certainement manqué des ateliers intéressants comme le DevOps Game via Kaplas, animé par l’équipe de Talentsoft, mais choisir c’est renoncer.

Cependant certains aspects m’ont déçu durant cet agile tour :

  • Le lieu : les locaux de Microsoft accueillait l’événement, si les salles sont confortables et spacieuses, l’espace de rencontre n’est pas adapté. En effet, un couloir longiforme où les stands sont éparpillés le long des salles.
  • Les ateliers surpeuplés : il n’y avait aucune limite pour les sessions et à chaque fois j’ai été gêné par le trop grand nombre de participants.
  • L’ambiance : j’aurais aimé y voir une plus grande convivialité, j’ai trouvé les échanges assez froids mais cela reste un point de vue subjectif.
  • Le public : il manquait cruellement de développeurs, la désertion des conférences agiles est peut être le signe d’une certaine dérive. Les sujets manquaient aussi de technicité à mon goût.

Malgré tout, j’ai passé une bonne journée et j’ai pu faire quelques rencontres agréables, faut-il y voir une adhésion à une communauté plus qu’un intérêt pour les sujets évoqués ?

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Publié par Dara Lim

Dara a débuté en tant que développeur web où il a exercé plus de 9 ans. Attiré par les méthodes agiles, il a pris la casquette de Scrum Master dans différents environnements comme le e-commerce ou le secteur bancaire. Il rejoint Xebia en tant que Studio Team Leader afin d'accompagner les clients dans la réalisation de leur projet tout en respectant les valeurs d'agilité, de qualité et de pragmatisme.

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