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Il y a 11 ans -

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2009 : 6 raisons d’aimer la crise

Nous le savons tous, l’horizon s’assombrit pour nous tous et 2009 s’annonce comme une année difficile pour particuliers et entreprises.

L’argent dette, monnaie virtuelle, créée à profusion par les banquiers, sous la bénédiction des états complices, a servi à accélérer artificiellement nos économies, à soutenir un rythme de croissance plus que déraisonnable. Tant pis, c’est fait. Nous devons désormais payer un lourd tribut à cette hallucination collective.

Le 2 janvier 2009, nous aurons donc tous la gueule de bois ; non pas à cause des abus d’alcool et de bonne chère dans lesquels nous ne pouvons nous empêcher de sombrer pendant la trêve des confiseurs mais plutôt parce que cette hypothétique crise dont nous ne voyons pas encore les effets (au point des fois de mettre en doute son existence) sera bel et bien là.
Par voie de conséquence, 2009 sera une année difficile pour les prestataires de services puisque nos clients seront tous contraints, nous le savons, à réduire leurs investissements informatiques.

Nous avons mangé notre pain blanc, nous allons manger notre pain noir. Les agapes finies, la période de vaches maigres va commencer.

Et bien tant mieux !

Tant mieux car c’est en période de manque que nous prenons les décisions les plus judicieuses, celles qui ne sont destinées qu’à assurer la survie de nos entreprises, c’est en période de difficultés que nous nous surpassons, que nous devenons créatifs, que nous sommes efficaces, que nous affûtons nos meilleures décisions.

En 2009, les DSI s’interrogeront certainement sur le meilleur moyen d’utiliser un budget réduit.
Elles stopperont, quand cela sera possible, les chantiers pharaoniques de type refonte en SOA à l’échelle de l’entreprise pour ne se concentrer que sur le ROI, le Quick Win, bref la suppression du gaspillage.

Dans ce contexte, les méthodes agiles que nous prônons tombent à point nommé. Basées sur le principe de travail itératif et incrémental, sur le principe de la priorisation par la valeur, sur la qualité plutôt que la quantité, elles seront, nous en sommes sûrs, le nouvel eldorado de l’ingénierie logicielle.
Nous avons d’ailleurs d’ores et déjà constaté un réel engouement pour les méthodes agiles (nous avons cette année, certifié 100 ScrumMasters, participé à 10 projets agiles et accueilli dans nos ateliers agiles du mercredi plusieurs dizaines d’entreprises).

Alors y aura-t-il une relation de cause à effet ? La crise sera t’elle le « compelling event » de l’adoption des méthodes agiles ?

Posons-nous la question : que pourront apporter Scrum et XP à nos clients en période de crise ?

Voici une liste (certainement incomplète), de 6 facteurs améliorant la rentabilité des projets informatique :

  • La disparition des fonctionnalités inutiles grâce à une meilleure utilisation des efforts de développement, ce qui engendrera une économie substantielle (au moins 20%) dans les coûts des projets.
  • La suppression de la documentation à outrance, finissant dans un placard électronique appelé référentiel, les réunions interminables, finalisées par le sacro-saint compte rendu de réunion qui ne donnera lieu à aucune décision ou bien les reporting fallacieux destinés à se donner l’illusion que tout est under-control.
  • L’augmentation de la productivité des équipes de développement (par deux, par trois, et même par dix !) grâce à un nouveau paradigme de management basé sur la confiance, la motivation, l’amélioration continue (voir nos comparaisons de productivité de développement constatées dans le cadre du projet Prorail mené par Xebia).
  • La baisse faramineuse des coûts de maintenance grâce à l’élimination de la dette technologique accumulée à cause du manque de compétence des équipes ; ce n’est d’ailleurs pas de leur faute, un développeur à 350-400 Euros est forcément un débutant, un quart d’architecte partagé entre plusieurs projets est forcément insuffisant.
  • La suppression de la perte financière sèche liée à l’arrêt brutal de projets pour cause de manque de maîtrise des risques inhérents aux projets menés en cascade (le phénomène du puit sans fond si souvent constaté).
  • L’avantage concurrentiel, traduit en monnaie sonnante et trébuchante, apporté à l’entreprise par un logiciel qui, pour une fois, sera conforme aux besoins des utilisateurs, qui sera capable d’intégrer au fil de l’eau les changements de contexte commercial, juridique ou légal plutôt que de les décaler à la prochaine release.

Nous nous devons de faire une nécessaire mise en garde : Les bénéfices (ou les droits) apportés par les méthodes agiles sont contrebalancés par de réels devoirs auxquels on ne peut pas se soustraire.
Ne pas les respecter revient à sombrer dans la Wanabisme agile, c’est-à-dire le pire des mondes.

Nous vous le promettons, 2009 sera une année très faste pour ceux, qui comme nous, croient fondamentalement au bien fondé intellectuel des méthodes agiles et qui les mettent en place, une année comme une autre, une année passionnante.

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Commentaire

1 réponses pour " 2009 : 6 raisons d’aimer la crise "

  1. Publié par , Il y a 11 ans

    Personnellement, je viens de m’installer au Canada et je peux vous dire que la crise se fait bien sentir dans le secteur informatique. A tel point que beaucoup de recrutements sont au point mort, d’autres retardés de plusieurs mois.
    L’avenir s’annonce très sombre. Ca ne va pas être facile d’aimer cette crise-là.

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