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Jazoon – Jour 3 – Un arbre est tombé

Hier avait lieu la dernière journée de Jazoon.

Et pour changer, l’opening keynote n’était pas tenue par Sun, mais par Adrian Colyer, CTO de SpringSource. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le changement de ton a été radical.

Par une analogie avec la forêt primaire, A. Colyer a annoncé la chute de Sun, et la très prochaine émergence de nouvelles firmes leader dans le monde JEE (on imagine bien que SpringSource fait partie de ces nouvelles pousses).
Il a expliqué la chute de Sun sous un angle différent de celui du pur rachat financier : selon lui, les acteurs du monde JEE ne veulent plus suivre les recommandations (dogmes) énoncés par Sun, et c’est pour cela que nous voyons apparaitre de nouveaux langages, mais aussi de nouvelles volontés de modulariser la monolithique stack JEE.

Il a ensuite donné sa vision du futur. Sur les langages dynamiques d’abord, et en prenant un fort pari sur l’avenir (comme Neal Ford l’avait fait avec Clojure). Dans les candidats au « java.next » langage, il a cité Erlang, JRuby, Groovy, Clojure, Scala, Jython et Ruby. Il a rapidement éliminé tous ceux qui ne tournent pas sur une JVM (lui aussi pense que la force de Java est sa JVM, un thème récurrent durant ce Jazoon).
Restent donc 4 candidats : deux orientés fortement syntaxe et framework (Groovy et JRuby), et deux orientés gestion de la concurrence (Scala et Clojure). Selon Adrian, le prochain langage star devra, pour bénéficier d’une adoption large et rapide, avoir une syntaxe proche de Java, ce qui élimine rapidement Clojure et Scala. Attention cependant, cela ne signifie pas que ces langages sont plus faibles, mais simplement qu’ils ont moins de chances d’être largement adoptés.
Restent donc Groovy/Grails face à JRuby/Rails.
La deuxième force que devront posséder ces langages est leur capacité à se mélanger avec Java (en ayant des interactions bidirectionnelles), car les millions de programmes Java actuellement en production ne risquent pas de disparaitre du jour au lendemain. Dans ce domaine, Adrian donne l’avantage à Groovy, d’autant plus que Grails interagit avec un framework très largement adopté : Spring.

Le CTO de SpringSource a réussi ensuite une belle pirouette : à ceux qui vont lui reprocher de mettre en avant deux poulains de l’écurie SpringSource (Groovy et Grails), il répond que si ils font partie de sa firme, c’est bien parce qu’il croit qu’ils sont l’avenir… Imparable.

Autre sujet, les frameworks qui vont se développer autour de ces nouveaux langages. Il cite Grails, Rails, Lift (framework pour Scala) et Spring ROO. Ils sont l’avenir, car même si ils demandent de sacrifier un peu de liberté, ils offrent une nette augmentation de productivité (avec notamment la notion de scaffolding).

Sujet suivant, le nécessaire besoin de modularité dans la pile JEE. Avec OSGI bien sûr, mais surtout avec le seul serveur d’application qui expose OSGI à ses utilisateurs, à savoir le produit maison dmServer et sa notion de service BluePrint.

Enfin, et c’est une vision qu’on voyait clairement se dessiner depuis quelques mois, Adrian Colyer prévoit un changement de paradigme pour les techniciens que nous sommes : à l’avenir, il ne sera plus question de se concentrer uniquement sur la phase de développement dans le cycle de vie d’une application, mais d’embrasser la totalité de ce cycle, en particulier les phases de déploiement et de supervision (on se souvient des annonces faites lors du rachat de Hyperic). Il a mis en avant la notion de BluePrint de déploiement : un déploiement, c’est une injection de références (l’adresse de la DB), une injection de configuration (la taille du pool de la dataSource) et des considérations transverses (sécurité, …). Bref, cela est très similaire à une configuration SpringCore, et il n’y a donc pas de raison que la stack Spring ne puisse pas s’en occuper !

Bref, les changements interviennent aujourd’hui à de très nombreux niveaux … Et une chose est sûre, le futur arrive, que nous soyons prêt ou pas. Cette vague arrive, et la seule chose importante pour pouvoir la surfer est d’être dans l’eau au moment où elle arrivera. Il est donc important, dans ces temps troublés, d’expérimenter et de prendre du plaisir, avant l’arrivée d’une autre période stable.

Nous retiendrons deux choses de cette keynote : comme tous les speakers qui ont donné ces conférences d’ouverture, Adrian Colyer est un orateur né, et il a une vision très précise du futur qu’il envisage. Deuxième enseignement, pour lui, Sun est à terre et il est temps que de nouveaux acteurs s’avancent pour prendre la place du grand arbre.

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Publié par Pablo Lopez

Pablo est directeur technique chez Xebia et formateur Hadoop certifié par Cloudera au sein de Xebia Training .

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